L’eau du robinet est largement consommée au quotidien et bénéficie d’un statut officiel d’« eau potable ». Pourtant, plusieurs travaux scientifiques récents invitent à nuancer cette perception. Des recherches européennes, menées notamment avec la participation de l’Inserm et de Santé publique France, ont mis en évidence que certains procédés chimiques utilisés pour sécuriser l’eau peuvent générer des substances indésirables, susceptibles d’avoir un impact sur la santé à long terme.
Parmi ces substances figurent les trihalométhanes, des composés encore méconnus du grand public, mais régulièrement détectés dans l’eau distribuée.
Le chlore : indispensable à la désinfection, mais pas sans conséquences
Le chlore est un désinfectant incontournable dans la production d’eau potable. Son rôle est essentiel : il permet d’éliminer une grande partie des bactéries, virus et micro-organismes pathogènes avant que l’eau n’arrive au robinet. Toutefois, son utilisation n’est pas totalement neutre.
Lorsque le chlore entre en réaction avec des matières organiques naturellement présentes dans l’eau brute, comme les résidus végétaux ou certaines substances issues de l’environnement, il peut se former des sous-produits de désinfection, appelés sous-produits de chloration. Les trihalométhanes (THM) font partie de cette famille de composés, qui regroupe plusieurs centaines de molécules. Cependant, toutes ces substances n’ont pas encore fait l’objet d’évaluations sanitaires complètes.
Les trihalométhanes : un enjeu sanitaire reconnu
Plusieurs études scientifiques ont analysé l’impact des trihalométhanes sur la santé humaine. Certaines publications ont mis en évidence des liens possibles avec des effets sanitaires.
Une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives s’est penchée sur cette question. Elle indique qu’une exposition prolongée aux THM présents dans l’eau du robinet pourrait contribuer aux cancers de la vessie observés en Europe.
En France, Santé publique France a également alerté sur ce sujet. L’organisme estime que l’exposition chronique à ces composés pourrait augmenter le risque sanitaire.
Il est important de préciser que l’exposition aux THM ne se limite pas à la consommation d’eau. L’inhalation des vapeurs représente aussi une voie d’exposition. C’est notamment le cas lors des douches ou des bains chauds.
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Peut-on se passer totalement de l’eau du robinet ?
Renoncer complètement à l’eau du robinet n’est ni réaliste ni économiquement viable pour la majorité des foyers. En plus, remplacer systématiquement l’eau du robinet par de l’eau en bouteille pose d’autres problèmes, notamment environnementaux et financiers.
La question n’est donc pas de supprimer l’usage de l’eau courante, mais plutôt de réduire l’exposition aux substances indésirables qu’elle peut contenir, tout en conservant ses avantages.
Filtrer l’eau : une solution pragmatique et efficace
Pour améliorer la qualité de l’eau utilisée au quotidien, la filtration constitue une approche pertinente. Plusieurs technologies existent, chacune répondant à des besoins spécifiques.
La filtration au charbon actif
Le charbon actif est reconnu pour sa capacité à adsorber le chlore présent dans l’eau potable. Ainsi, il permet également de réduire une partie des pesticides dissous.
En moyenne, ce type de filtration diminue ces substances de 80 à 85 %. Le charbon actif est intégré dans de nombreux dispositifs de traitement de l’eau. On le retrouve notamment dans les systèmes d’osmose inverse. Dans ce cas, il joue aussi un rôle essentiel de protection de la membrane.
La désinfection par ultraviolets
Les systèmes UV fonctionnent grâce à l’émission de rayonnements à courte longueur d’onde. Ces rayonnements inactivent les micro-organismes en modifiant leur structure interne.
Cette technologie permet de neutraliser les bactéries, virus, moisissures et aussi d’autres germes. Elle agit sans ajout de produits chimiques. Elle ne génère aucun résidu dans l’eau traitée.
Où et comment installer un système de traitement ?
Les solutions de filtration peuvent être installées :
soit à l’arrivée générale de l’eau dans l’habitation, pour traiter l’ensemble de l’eau utilisée,
soit au point d’usage, par exemple sous l’évier de la cuisine, lorsque l’objectif principal est l’eau de boisson.
Dans certains cas, il est tout à fait pertinent de combiner plusieurs technologies, comme le charbon actif et les UV, afin d’agir à la fois sur les contaminants chimiques et microbiologiques.

L’eau du robinet reste une ressource précieuse et globalement sûre, mais elle n’est pas exempte de limites. La présence de sous-produits liés aux traitements chimiques, comme les trihalométhanes, rappelle que la potabilité ne garantit pas toujours une qualité optimale à long terme.
En mettant en place une solution de filtration adaptée, il est possible de réduire significativement l’exposition aux substances indésirables, tout en continuant à utiliser l’eau du robinet de manière sereine et responsable.
FAQs
Nous répondons à toutes vos questions sur les sujets suivants :
- Purification de l’eau de ville
- Traitement de l’eau de forage
- Filtration de l’eau de pluie
- Protection des nuisibles
L’eau du robinet est-elle dangereuse pour la santé ?
Globalement, l’eau du robinet respecte des normes sanitaires strictes et ne présente pas de danger immédiat pour la majorité de la population. Toutefois, elle peut contenir des sous-produits issus des traitements chimiques, comme les trihalométhanes, à des concentrations faibles mais répétées. C’est surtout cette exposition chronique sur le long terme qui soulève des interrogations.
Que sont exactement les trihalométhanes (THM) ?
Concrètement, les trihalométhanes sont des sous-produits de désinfection. Ils se forment lorsque le chlore réagit avec des matières organiques naturellement présentes dans l’eau.
Ces substances appartiennent à une vaste famille de composés. On les appelle les sous-produits de chloration. Certains font l’objet d’une surveillance particulière. Cette vigilance s’explique par leurs effets potentiels sur la santé.
Est-on exposé aux THM uniquement en buvant l’eau du robinet ?
En réalité, l’exposition aux THM ne se limite pas à la consommation de l’eau. Elle peut également survenir par inhalation, notamment lors des douches, bains ou usages d’eau chaude, lorsque ces composés se volatilisent et sont respirés.
Comment réduire l’exposition aux THM à la maison ?
Heureusement, il est possible de réduire significativement l’exposition en installant des solutions de traitement adaptées. Les filtres à charbon actif permettent de diminuer le chlore et aussi une partie des sous-produits associés, tandis que d’autres technologies peuvent compléter le dispositif selon la qualité de l’eau et les usages domestiques.



